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Les insectes ravageurs des plantes fleuries

 

Lorsque vous cultivez des plantes fleuries que ce soit sous abris (serre, véranda) ou en extérieur (massifs, jardinières) vous serez confronté à des problèmes phytosanitaires de toutes sortes: maladies, parasites, problèmes physiologiques, dégâts consécutifs aux intempéries...

Alors bien souvent lorsqu'un problème de ce type se présente, pour le néophyte, c'est souvent la panique... Les plantes coûtent cher et on peut parfois être dégouté par certaines espèces ou variétés qui sont systématiquement malades quelques semaines après l'achat.

Ce dossier en plusieurs parties va vous aider à y voir plus clair: un premier volet traitera des maladies et problèmes physiologiques et le second abordera les ravageurs et autres insectes nuisibles.

En résumé comment prévenir, reconnaître et traiter les problèmes de santé de vos plantes fleuries...

 

Appelés ravageurs par les spécialistes des végétaux, les insectes nuisibles sont préjudiciables à vos plantes fleuries pour deux raisons: la première, évidente, est qu'ils mettent en danger leur survie. La seconde est l'aspect esthétique qui fait que les ravageurs sont indésirables.


Mais est-il indispensable de tous les exterminer jusqu'au dernier. L'introduction de méthodes de lutte biologique et l'apparition de la notion de seuil de nuisibilité contribuent à entretenir la biodiversité favorable à une autorégulation des populations.

 

Contrairement aux maladies, ou la prévention prédomine, la lutte contre les insectes est surtout curative. Toutefois, si vous possédez une serre, observer un vide sanitaire après un nettoyage complet, permet de prévenir les risques d'attaque lors du réchauffement au printemps. Durant la culture vous pouvez également installer des filets anti-insectes (insect-proof) sur toutes les ouvertures afin d'éviter les invasions venues de l'extérieur. Par cette technique vous permettrez de retenir les insectes auxiliaires que vous aurez introduit dans votre serre.

 

Les principaux ravageurs en culture de plantes fleuries

 

Les pucerons

 

puceronsDans la catégorie des piqueurs-suçeurs les pucerons sont les plus connus. Ces petits insectes verts, noirs, gris ou bruns se régalent de n'importe quel plante pourvu que sa sève soit bien sucré. S'agglutinant en colonies sur les parties tendre de la plante, ils piquent l'épiderme et pompent la sève sans retenue.
Ils provoquent des crispations et des enroulements du feuillage, peuvent transmettre des maladies (principalement des virus). L'hygiène n'étant pas leur point fort, de la fumagine peut également se développer sur les feuilles des plantes atteintes, dû principalement à l'accumulation de leur déjections sucrés (miellat).


Bien souvent les colonies de pucerons sont entretenues et implantées par les fourmis qui raffolent du miellat produit par ces derniers.

Durant la saison les pucerons se reproduisent de manière asexué (parthénogénèse), les males n'intervenant principalement qu'en fin de saison afin d'assurer la survie de l'espèce pendant l'hiver par la production d'œufs. Lorsqu'une plante est complètement épuisée, la colonie donne naissance à des pucerons ailés ce qui lui permet d'aller prospecter ailleurs dans votre jardin ou dans celui du voisin.

 

Lutte

Les traitements traditionnels à base de pyrèthrinoïde de synthèse ( ou pyrèthrines naturelles) sont très efficaces, trop peut-être, car ils tuent auxiliaires et insectes butineurs en cas de mauvaise utilisation. Essayez purins et décoctions ou encore le savon noir. De toute façon les pucerons, en cas de danger, se laissent tomber sur le sol en produisant une phéromone d'alerte pour toute la colonie.

 

Les aleurodes (mouches blanches)

 

aleurodesPlus mobiles que les pucerons, les aleurodes, sont également des piqueurs-suçeurs. Elles apparaissent plus volontiers dans les endroits bien abrités et notamment dans les serres. Les femelles piquent sur la face inférieure des feuilles pour se nourrir et pour y placer leurs œufs. Les dégâts se manifestent par des retards de croissance, par la présence de fumagine et la transmission de virus.

Pour les reconnaître il suffit d'agiter les feuilles pour voir une nuée de petits insectes blancs volant dans tous les sens.

 

Lutte

La lutte est très difficile car il n'existe quasiment pas (plus...) de produits homologués pour l'usage en jardin amateur. Les professionnels utilisent une double spécialité pour tuer à la fois les adultes, les larves et les œufs. Dans le jardin vous pouvez tuer les adultes grâce à un insecticide classique mais peu de temps après ils vont revenir par l'éclosion des œufs laissés intacts: il faut alors renouveler le traitement tous les 7 jours jusqu'à leur disparition.
Pour un usage amateur aucun auxiliaire prédateur de l'aleurode, dans le cadre d'une lutte bio, n'est disponible.

 

Les thrips

 

Très petits (1mm), les thrips sont des insectes piqueurs-suçeur très difficiles à observer. Les larves sont les plus préjudiciables car elles adorent piquer les pétales de fleurs laissant des plages décolorées sur ces dernier. Ils s'attaquent également aux feuilles et aux bulbes en vidant les cellules épidermiques de leur contenu provoquant retard de croissance ,décoloration , avortement de boutons floraux. Du fait de l'injection d'une salive toxique à l'endroit de la piqure, les blessures peuvent évoluer en nécrose.


Pour savoir si l'une de vos plantes est envahie, cueillez délicatement une (ou plusieurs) fleur puis secouez la délicatement au dessus d'une feuille de papier blanc. A l'aide d'une loupe ,si vous observez des petits insectes très mobiles, étroits ,d'une longueur de 1 ou 2 mm , ce sont probablement des thrips.

 

Lutte

Pour lutter contre les thrips utilisez les mêmes produits que pour les pucerons (pyréthrinoïdes de synthèse, pyréthrines naturelles, purins et autres décoctions). Le ravageur se mettant à l'abris des traitements de contact, vous pouvez utiliser, dans le cadre d'une lutte chimique, un insecticide systémique ( qui pénètre dans la plante puis véhiculé par la sève). Depuis peu les professionnels effectuent des captures grâce à des pièges utilisant des phéromones spécifiques aux thrips.

 

Les Acariens ou araignées rouges

 

Insectes de la famille des Arachnides, les acariens se reconnaissent grâce à leur forme globuleuse et à leur petite taille (de 0.5 à 0.75 mm de long) ainsi qu'à leur couleur variable suivant les souches (verdâtre, rouge ou jaune pâle). Leur présence se remarque par l'aspect plombé et moucheté des feuilles (provoqué par leurs morsures) ainsi que par la présence de toiles sur l'ensemble des organes de la plante (feuilles, tiges, fleurs).
Ils se développent particulièrement par temps chaud et sec. Ils détestent tous l'humidité ce qui peut être utilisé à votre avantage.

 

Lutte

Brumisez la plante à l'eau tempéré et favorisez la biodiversité dans votre jardin pour augmenter la prédation naturelle par d'autres souches d'acariens (ils sont cannibales).
Soyez attentifs aux premiers signes d'attaque afin de réagir rapidement. Utilisez l'ail en macération ou en infusion ou encore l'ortie pour son effet répulsif. En lutte chimique utilisez des produits à base de dicofol.

 

Les chenilles

 

Larves de différents papillons, les chenilles peuvent être extrêmement voraces. Bien visibles, elles peuvent être éliminées manuellement (attention à celles portant des poils urticants). D'autres chenilles comme la famille des noctuelles sont plus discrètes (attaque les racines et le collet) mais tout aussi dangereuses. De manière générale on peut classer les chenilles selon les dégâts causés: les chenilles défoliatrices (feuilles), mineuses (feuilles, bougeons, tiges), terricoles (racines, bulbes,...), xylophages (qui s'attaquent au bois).

 

Lutte

En cas de forte infestation de chenilles (formes larvaires) utilisez un produit biologique à base de Bacillus thuringiensis  (attaque l'appareil digestif des chenilles) ou du pyrèthre naturel qui agit plus rapidement. Mais avant toute lutte dite curative contre les chenilles, on peut faire de la prévention en installant des pièges à phéromones qui sont très utiles pour capturer les adultes (papillons) ou effectuer des comptages. Ceci permet de programmer une lutte adaptée à l'ampleur de l'attaque.

 

La découverte des phéromones est une avancée significative dans la lutte contre les papillons nuisibles, mais ces dernières sont spécifiques à chaque espèce. Une lutte uniquement par cette méthode pour toutes les espèces de papillons n'est pour l'instant pas possible, l'exemple actuel du papillon des palmiers (Paysandisia archon) est en ce sens très significatif.

 

Certains jardiniers affirment que le purin d'ortie perturberait la ponte des femelles adultes mais ce n'est nullement prouvé.